L’Heliconia : un genre de plante tropicale insolite à La Réunion

heliconia rostrata

L’île de la Réunion est riche d’une diversité incroyable de plantes tropicales. Parmi toutes ces espèces, les réunionnais connaissent bien l’Heliconia, un genre de plantes à fleur en provenance des forêts du Sud-Ouest du Pacifique, d’Amérique Centrale et du Sud. Souvent appelé Balisier, cette plante représente l’exubérance et l’originalité des plantes que l’on peut retrouver sur l’île.

Un aspect floral unique

Plus de 400 espèces d’heliconia sont aujourd’hui cultivées dans le monde. Sur l’île de la Réunion, seulement quelques-unes d’entre elles sont présentes, ainsi qu’aux Antilles : l’heliconia rostrata/acuminata/bihai/caribaea/stricta « Dawarf Jamaican » /psittacorum/chartacea/wagneriana. Évoquer cette fleur, c’est d’abord parler d’un aspect esthétique hors du commun…

Le balisier développe un feuillage vert franc, coriace et persistant. Ses feuilles, qui ressemblent à une spatule, font penser à celles du bananier et peuvent faire jusqu’à 70 cm de long. Mais ce sont surtout les inflorescences spectaculaires (disposition des fleurs sur la tige) de cette plante qui frappent les esprits. Les bractées qui composent l’inflorescence sont très colorées, très contrastées, et sont disposées parfois de façon symétrique, sur 2 rangs opposés, ou en spirales.

Chaque espèce d’heliconia présente une inflorescence singulière. Ainsi, l’Heliconia bihai ou balisier bihai, que l’on retrouve dans les jardins créoles et les parcs, possède une inflorescence en forme d’épi terminal composée de longues bractées effilées, tournées vers le haut, aux couleurs différentes, selon la variété de l’espèce végétale obtenue artificiellement pour être cultivée (souvent orange bordées de jaune). Les fleurs sont généralement vertes ou jaunes. La forme des bractées lui vaut aussi le surnom de Queue de poisson.

Bihai
Héliconia Bihai
Psittacorum
Héliconia Psittacorum

L’heliconia Psittacorum, aussi appelée Balisier bec de perroquet, possède des bractées alternées sur la tige de la plante, de forme oblongue, évoquant la forme d’un bec de perroquet, ce qui lui vaut son surnom. Là encore, ce balisier présente une belle variété de couleurs vives : rouge écarlate pour les bractées, fleurs orange avec le bout des pétales tachetés de vert.

La star : l’espèce rostrata

L’helicionia rostrata, originaire du Pérou, est sans aucun doute l’espèce la plus connue sur l’île, car la plus cultivée. Elle se distingue par ses longues inflorescences pendantes (de 40 à 50 cm) qui font penser à un « chapelet » de fleurs alternées de part et d’autre d’un rachis sinueux. Certains réunionnais la nomment aussi « pendula » ou « Pince de homard ». Sa grande popularité vient aussi du fait qu’elle est utilisée dans les compositions de bouquets de fleurs tropicaux.

Les bractées de l’heliconia rostrata sont rouge vif, avec des extrémités jaunes. Les fleurs jaunes sont petites et se développent à l’intérieur des bractées. À noter que cette plante peut atteindre jusqu’à 5 mètres de haut, ses feuilles rappelant celles des bananiers, comme pour l’ensemble du genre Heliconia. En pleine nature, l’heliconia rostrata est pollinisée par le colibri, attiré par le nectar de la fleur.

Héliconia rostrata
Héliconia rostrata

Comment cultiver l'héliconia ?

De manière générale, ses origines tropicales en font une plante qui apprécie la chaleur et l’humidité. Mais n’apprécie pas un état de sécheresse… Ni une exposition aux vents. Et doit être arrosée régulièrement. Contrairement à l’Europe où il est cultivé en serre, le balisier est cultivé en extérieur, en pleine terre. Attention cependant, il ne supporte pas de températures inférieures à 15°C, bien qu’il puisse pousser jusqu’à 1.000 mètres d’altitude sur l’île.

Idéalement, les balisiers se plaisent sur des sols légers et bien drainés, riches en matière organique. Pour ce qui est de l’exposition au soleil, privilégiez une zone ensoleillée ou mi-ombre pour planter et installer le balisier.

D’une espèce à l’autre, les conditions de culture varient un peu. Ainsi, l’heliconia stricta est l’un des rares balisiers qui supportera une culture en pot et pourra être placé en intérieur. Ceci s’explique par sa croissance moins rapide et sa taille (considéré comme un balisier nain). Évitez-lui surtout les courants d’air. Son terrain d’expression sont les sous-bois : il aime l’ombre et l’humidité.

À la différence de ses congénères, l’heliconia rostrata ne fleurit pas durant la période hivernale à La Réunion. Les autres heliconia fleurissent elles toute l’année. Si vous craquez pour l’heliconia acuminata, plantez-la seule en massif. Elle vous fera un excellent brise-vue grâce à son feuillage épais et vigoureux. Enfin, l’heliconia psittacorum est sans doute l’espèce la plus résistante et la plus envahissante. Elle peut en effet fleurir dès la 1ère année de plantation, et supporte mieux que les autres espèces les écarts de température. À savoir : sa nature envahissante fait qu’il est difficile de l’associer à d’autres plantes à massifs.

Heliconia caribaeae
Heliconia caribaeae
rostrata
Héliconia rostrata